Entretien avec Bony et Thomas Planete
    Entretien avec Bony et Thomas Planete

    Annaëlle : Pour commencer, pouvez-vous vous présenter rapidement ainsi que votre lien avec le FLIP ?   

    Bony : Je suis Bony, Illustrateur, auteur, joueur, animateurs… depuis vingt ans. 
    Mon rapport avec le flip est étroit, en 2011 j’ai pu remporter le concours de création de jeu avec Ouga Bouga, puis j’ai été jury, j’ai animé des soirées place des bancs pendant des années pendant le Off, j’ai réalisé 4 affiches, le « nouveau » design du fou et tous les designs des woopy, j’ai aussi réalisé des expos dans la chapelle, des animations artistiques avec la fresque préhistorique… et plein d’autre choses. 

    Thomas : Thomas Planete, artisan-maquettiste et auteur de jeu. 
    Je suis présent au FLIP depuis 2018 en tant que créateur : j’y présente mes prototypes et je fabrique aussi du matériel de jeu, des formats géants et des goodies (comme les Woopies en bois) pour le festival

    A : Selon vous, qu’est-ce que le FLIP permet de faire vivre aux jeunes qu’on ne retrouve pas ailleurs ?

    B : Le Flip permet de rencontrer un très grand nombre de joueurs de tout type mais aussi des auteurs, des éditeurs. De nombreux professionnels qui peuvent expliquer aux jeunes auteurs les problématiques soulevées par leurs projets et leur faire gagner des dizaines d’heures de test par leur expérience. 

    T : Une véritable immersion dans le monde du jeu : un espace rare où l’on peut jouer, créer, observer, rencontrer des auteurs et découvrir la diversité incroyable des créations ludiques.
    Ailleurs, on joue. Au FLIP, on comprend d’où viennent les jeux et on a envie de participer à leur développement.

    A : Est-ce qu’on apprend aussi à travailler en équipe en créant un jeu ?

    B : Dans l’atelier créajeu, on apprend l’humilité et la tolérance. Tous les projets sont, à un moment ou à un autre, conçus en commun avec une dizaine de personnes qui ne se ressemblent pas. C’est ce qui peut créer la créativité. 

    A : Quel a été le moment le plus drôle ou inattendu pendant le projet ?

    B : Le plus drôle c’est probablement quand on teste un jeu et qu’on se laisse prendre par l’ambiance autour du jeu. Le plus inattendu, c’est d’imaginer, un jour de pluie, un matin, Alexis Bailly (coordinateur du Campus) et moi, plongé à mi-corps dans un container à déchets de Emmaus, pour ramener du matériel de jeu/jouet ou autre aux auteurs.

    A : Qu’aimeriez-vous que les visiteurs retiennent de votre projet ?

    B : En un, que l’on peut littéralement trouver de très bonnes idées dans les poubelles. En deux, que n’importe qui, avec un petit coup de pouce peut concevoir des jeux créatifs. En trois, que la créativité peut venir du partage. En quatre, que si l’on n’explique pas les limites à un groupe de gens, ils vont briser toutes les règles pour les franchir sans le savoir.

    A : Comment est née ton envie de créer des jeux en bois ? 

    T : Une histoire de famille : mon grand-père fabriquait déjà des jeux et puzzles en bois et à 4 ans, j’ai fabriqué mon premier avion avec des chutes de bois dans l’atelier de mon père.
    Sans le savoir, c’était le premier pion de mon premier jeu : Turbulences, qui sortira quelques décennies plus tard.

    A : Que proposes-tu au campus comme animation ? 

    T : Un atelier de fabrication de tampons (spécial Woopy) avec les mêmes machines et techniques que j’utilise dans mon travail quotidien. La démonstration du format géant de Turbulences et aussi la découverte en avant-première de Pirates en Péril !

    A : Est-ce que voir les jeunes créer leurs propres jeux te rappelle tes débuts ? 

    T : Oui, évidemment. Il y a cette énergie unique quand on débute : tout semble possible, la liberté de création est totale !
    Même avec mon expérience aujourd’hui, c’est toujours une sensation rafraîchissante.

    A : Selon vous, pourquoi le jeu rassemble-t-il aussi facilement des personnes d’âges différents ?

    B : Parce qu’il s’affranchit souvent des limites du corps et que l’imaginaire devient le moyen de transport idéal pour partir ensemble dans une aventure. D’ailleurs l’évasion du quotidien grâce au jeu est une chose qui fonctionne même avec un jeu abstrait composé de petits bouts de bois noirs et blancs…

    T : Jouer est fondamental, peu importe l’âge. Le jeu révèle aussi un peu de notre personnalité et offre une autre forme de communication.
    Partager une expérience ludique permet donc de créer du lien, quelle que soit notre génération.


    Merci beaucoup Bony et Thomas pour vos réponses                       

    Annaëlle

    Coin-Coin n°7 – mardi 14 juillet 2026