Entretien avec Shuky Medina et Natacha Gloria
    Entretien avec Shuky Medina et Natacha Gloria

    Annaëlle : Pour commencer, pouvez-vous présenter votre rôle et votre le lien avec le FLIP ? 

    Shuky : Etienne m’a gentiment proposé de participer l’année dernière, en mettant en place un coin lecture à la médiathèque, puis en ayant un stand dans les environs quand je le voulais. 
    L’expérience a été très enrichissante, le contact avec les bénévoles était super, et ça m’a donné évidemment envie de revenir cette année. 

    Natacha : Je suis Natacha Gloria, j’ai créé Ébullition en 2023 pour développer des jeux de rôle par correspondance pour les enfants. J’ai commencé à venir au FLIP avec Ébullition, pour proposer des tables d’initiation. Mon objectif consiste à rendre accessible cette façon de jouer. Aujourd’hui je suis ravie de remplir cet espace à la médiathèque pour présenter mon univers complet. 

    A : Entre livres-jeux, narration interactive et jeux de rôle, on est ici dans une autre manière de jouer ?

    S : Les livres jeux que nous proposons sont de vrais jeux solos. Le gros avantage, c’est aussi le petit format (A5) et le peu de matériel nécessaire pour jouer.
    La plupart du temps, un crayon suffit. Résultat, on peut transporter son livre partout, et le sortir pour y jouer n’importe où : transport, plage, salle d’attente, dans le jardin… Et même aux toilettes.
    En termes d’expérience de jeu pure, nos titres proposent une liberté quasi totale. Le joueur voyage, fait ses propres choix, résout des énigmes, cherche des objets, des passages secrets. Donc l’observation est primordiale et le joueur est constamment acteur.

    N : Effectivement ! L’origine de cette approche était de désacraliser l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Un enfant qui vit son aventure, qui incarne pleinement son héroïne, qui est libre d’expérimenter ses actions, oublie la barrière des mots et la crainte du stylo pour écrire la suite.

    A : Makaka existe depuis 2007, qu’est-ce qui vous a donné envie de
    miser sur des narrations aussi atypiques ?

    S : Makaka Editions à la base, c’est une maison d’édition de bd « classique ». J’avais 27 ans quand j’ai lancé cette entreprise. Mais l’idée de la bd dont vous êtes le héros, je l’ai depuis que j’ai 14 ans… Et je me suis toujours dit qu’un jour, j’en réaliserais une. J’ai toujours pensé que le coté visuel, la recherche d’objets, les énigmes visuelles etc, seraient un véritable atout par rapport aux versions de livres dont vous êtes le héros qui ont bercé mon enfance.

    A : Si quelqu’un découvre Makaka aujourd’hui, par quel ouvrage faudrait-il commencer ?

    S : Question compliquée. Tout dépend de la personne et de ses goûts. Car nous avons essayé de proposer des univers, des gameplays et des styles très variés, suffisamment pour toucher tous les joueurs.
    Un jeune lecteur de moins de 7 ans : Chatons & Dragons
    Un joueur de 7/12 ans : Hocus Pocus ou Chevaliers
    Un ado : Loup Garou ou Zombies
    Un adulte : Zone 25 ou Captive… ou encore La pierre du dragon.
    Bref… choix compliqués.

    A : Natacha, comment ça marche les jeux de rôle par correspondance ?

    N : L’enfant choisit un univers dans lequel il souhaite évoluer. Il crée son héroïne et reçoit par la poste le premier chapitre de son aventure. Par courrier, je pose quelques questions auxquelles il doit me répondre. Ses mots construisent la suite de son épopée. L’histoire se termine à l’issue de 12 échanges et vous pouvez acheter le livre que l’on aura écrit ensemble. L’enveloppe affranchie pour le retour est incluse, il n’y a plus qu’à surveiller la boîte aux lettres !

    A :  À quoi ressemble une séance d’initiation idéale en famille ? 

    N : Tout le monde s’implique et teste de nouvelles choses. Les enfants découvrent une facette cachée des parents et s’indignent lorsqu’ils font des bêtises. Les parents en profitent pour sortir du quotidien et faire « n’importe quoi ». Une véritable complicité s’instaure et les sentiments vécus pendant une partie de jeux de rôle restent forts à partager.

    A : Pour vous, l’imaginaire doit être accessible à tous les âges ? 

    S : Oui clairement. Et il l’est. On se rend compte avec Trouilleville, notre jeu de rôle pour les enfants, que dès 5 ans, les enfants débordent d’imagination. Ils sont capables d’avoir des réflexions et des idées que nous n’avons pas. Et c’est génial. 

    N : Oui. Je pense qu’il est primordial de l’entretenir pour ne pas le perdre en route. Que peut-on accomplir sans imagination ?


    Merci beaucoup Shuky et Natacha pour vos réponses                       

    Annaëlle

    Coin-Coin n°6 – lundi 13 juillet 2026